Vous voulez créer votre jardin en permaculture ? Que vous disposiez de 5 ou de 5 000 m² les principes de la permaculture restent les mêmes. Il ne s’agit pas de prendre des techniques et de les appliquer aveuglément, une compétence indispensable est l’adaptation. Et nous allons aujourd’hui évoquer le premier principe de la permaculture : observer et interagir.
Voici le premier article d’une série de 12 sur la permaculture. J’en publierai un par semaine pour passer en revue et expliciter les 12 grands principes de la permaculture. Pour ne pas manquer les suivants, vous pouvez vous inscrire à la newsletter de l’esprit des forêts 😊
Faire de la permaculture dans son jardin vs les autres techniques
Alors oui, ne faire qu'observer, c’est moins exaltant que de se lancer tout de suite, les mains dans la terre, mais c’est une étape indispensable pour la réussite de votre projet. Faire de la permaculture dans son jardin passe obligatoirement par cette étape. On ne peut pas se lancer sans comprendre les principes, ou sinon, on ne fait pas de la permaculture, on fait autre chose (et ça peut être très bien aussi) !
Considérer son jardin comme une personne
Vous venez de rencontrer une nouvelle personne. Vous ne savez pas grand chose sur elle, vous ne savez rien de sa personnalité. Que faites-vous ? Vous ne vous lancez pas tout de suite sur une discussion effrénée pour la convaincre d’adopter votre point de vue sur le dernier sujet d’actualité.
Vous prenez le temps de faire connaissance. D’observer, d’écouter. Et vous prenez généralement plaisir à cette phase de découverte.
Et bien votre jardin, c’est pareil 🌳. Il faut prévoir un petit temps pour faire connaissance, et aussi décider si vous avez envie de créer une relation ensemble qui pourra être profitable aux deux parties.
Observer et interagir, principes fondamentaux en permaculture
Sans observation, pas de permaculture !
Si l’on ne regarde pas quelles sont les conditions du terrain, du jardin ou même du balcon que nous souhaitons développer, comment espérer produire quoi que ce soit ?
Ce premier conseil semble élémentaire et pourtant il est souvent négligé.
Beaucoup d’apprentis jardiniers (moi y compris hein, parce que c’est moins rigolo de faire un diagnostic de sol que de planter des machins) passent un peu vite sur cette étape fondamentale.
Si nous voulons bien faire, nous n’arrivons donc pas en terrain conquis en disant « je veux planter ça et je le ferai de cette manière ». On regarde ce qui existe et on adaptera ensuite nos plans en fonction des conclusions que l’on en tire.
Très concrètement, nous allons vérifier les points suivants (la liste est loin d’être exhaustive, ce sont des exemples !) :
- type de sol (ce qui conditionnera le type de plantations ou la manière de préparer d’enrichir le sol),
- climat et exposition du terrain (pareil, certains arbres ne supportent pas certains expositions au soleil ou au vent),
- pluviométrie,
- le temps que nous pouvons passer à entretenir ce bout de terre va aussi déterminer quels modes de culture privilégier,
- quels arbres ont planté les voisins (pour certains fruitiers qui ne sont pas auto fertiles, c’est bien utile),
- quels sont les nuisibles / animaux sauvages susceptibles d’endommager vos plants,
- quels sont les végétaux déjà présents…
Comment faire de la permaculture dans mon jardin ? Comprendre que tout est relié.
Pour un jardin en permaculture, élargir sa vision
Cette notion d’interaction est cruciale.
Elle permet de comprendre que l’humain n’évolue pas de façon isolée.
Pour pouvoir s’épanouir et prospérer, il faut prendre conscience de l’environnement qui nous entoure.
Entrer en résistance contre lui ne sert à rien, il faut acter que les choses sont ainsi, s’adapter, et prendre le temps de faire évoluer les choses doucement si cela est possible.
Evoluer avec son jardin
Cette interaction est continue, c’est-à-dire que notre coévolution avec ce qui nous entoure ne peut pas se résumer à un diagnostic et un comportement. Il faudra constamment observer, interagir et s’adapter. C’est ce qui fait la richesse de cette approche !
L’humain n’est pas en résistance et il n’essaie pas de faire plier la nature, il l’accompagne et aide seulement à développer certains aspects de ce qui est. Il a donc un rôle à jouer, des actions à prendre.
Trouver le point de rencontre entre ce qui est et ce que l’on souhaite
Je vois ça comme une recherche continue d’harmonie. Il y a un espace avec des caractéristiques et il y a l’humain avec ses besoins et ses envies. Chaque cercle, celui des possibles et celui des besoins va se rencontrer. Il faudra simplement démarrer en mettant en place les actions qui sont communes aux deux cercles, et ensuite faire en sorte d’améliorer la surface de rencontre entre rêve et réalité 😉
Je trouve que ce grand principe de la permaculture est assez difficile à mettre en œuvre parce qu’il suppose une véritable écoute de la réalité et un certain stoïcisme.
Comment je gère mon jardin en permaculture
La contrainte du sol
Pour vous donner un exemple personnel et concert, j’ai un terrain qui a un sol très calcaire, ce qui n’est pas adapté pour toutes les espèces d’arbres. Quant aux légumes, on peut oublier. Autre contrainte, je ne peux pas aller sur le terrain tous les jours, il faut donc planter des végétaux qui peuvent prendre soin d’eux-mêmes tout seuls !
Les atouts à exploiter et développer
Moi j’ai envie d’une jungle luxuriante 🌴 !
Donc bon déjà comme je ne voulais pas attendre, j’ai planté des arbres qui s’adaptent très bien aux sols calcaires.
Ensuite, j’ai délimité une zone abritée du vent et ensoleillée dans laquelle faire un potager 🥕.
Je peux mettre une cuve pour récupérer l’eau en haut de cet espace qui est en légère pente et éventuellement faire courir un tuyau percé entre les rangées de légumes.
Sur cette zone, j’ai fait des lasagnes. 3 passages, et maintenant la terre est juste magnifique avec des ptits vers dedans, tout ça, une vraie terre quoi ! Rien à voir avec la caillasse du départ.
En prenant soin du sol de cette manière, j’ai augmenté considérablement le champ des possibles. En plantant des légumes directement, ça n’aurait rien donné.
Ben si, j’ai essayé, bien sûr, impatiente que je suis…
Pour un jardin en permaculture qui prospère, ne cessez jamais d’observer !
Tout comme un pianiste virtuose continuera de s’échauffer en faisant ses gammes car c’est la base de la pratique, un réflexe tellement évident qu’on pourrait l’oublier et un peu fastidieux, le jardinier en permaculture continuera sans cesse d’observer et de s’adapter à son environnement.
C’est vraiment une base cruciale. Comme dans une relation avec un partenaire, la seule manière de créer un lien harmonieux et durable, c’est de co évoluer en restant constamment à l’écoute de l’autre.
Donc pour finir, un seul conseil : tombez amoureux de votre jardin ❤ et entretenez sans cesse la flamme (pas au sens propre hein, je ne vous ai pas suggéré de tout cramer).