Planter un arbre, ça vous paraît simple ? Oui oui moi aussi je rigolais quand je tombais sur des conseils pour bien planter un arbre. Ça n’a pas l’air bien compliqué. Quand je me suis retrouvée avec une dizaine d’arbres à planter, je faisais moins la maline. Alors je partage avec vous quelques conseils pour mettre toutes les chances de votre côté lorsque vous plantez une jeune pousse !

1) Planter un arbre sans faire attention au type de sol

Naïvement, je pensais que le type de sol n’avait que peu d’impact. Si vous plantez des trucs increvables effectivement, mais pour la plupart des arbres un minimum de soin est nécessaire. Il est vraiment important d’adapter les arbres que vous plantez au type de sol.

Aperçu rapide des 4 grands types de sols :

  • Le sol sablonneux ou siliceux se trouve souvent en bord de mer. Peu d’arbres y sont adaptés car il reste pauvre, ne retenant ni l’eau ni les nutriments nécessaires à la croissance des végétaux.
  • Le sol humifère est le plus fertile. Souvent acide, il a la particularité de se compacter après l’arrosage ou une bonne pluie. C’est le sol le plus adapté pour planter une grande variété d’arbres.
  • Le sol argileux est très lourd, il retient bien l’humidité. Il convient aux arbres qui ne craignent pas une grande humidité.
  • Le sol calcaire, très sec et plein de petites pierres… Une horreur pour le jardinier. Certains arbres comme l’argousier adorent ce type de sol, et certains peu gourmands en nutriments peuvent s’y développer sans difficulté.

Avant d’acheter un arbre à planter, faites un diagnostic de sol à plusieurs endroits sur votre terrain et adaptez vos plantations au type de sol. C’est frustrant car il y a peut-être quelques espèces que vous ne pourrez pas planter, mais c’est un point important pour voir croître les jeunes pousses ! Les pépiniéristes vous renseigneront facilement sur les plantations adaptées suivant la qualité de votre sol.

2) Penser que l’exposition, ce n’est rien, l’arbre s’adaptera

Quand on parle d’exposition, on pense souvent au soleil. La plupart des arbres ont besoin d’une exposition ensoleillée. Certains tolèrent la mi-ombre, mais ne négligez pas leur besoin de lumière ! Et pensez également à l’exposition au vent, beaucoup y sont très sensibles et souffriront d’être dans un couloir venteux.

3) Considérer qu’un arbre en racines nues, en conteneur ou en motte, c’est du pareil au même

La manière dont l’arbre est conditionné va impacter la période de plantation. En fonction du moment où vous souhaitez les mettre en terre, il faudra donc faire le bon choix. En hiver et en automne, les arbres en racines nues seront un excellent choix. Ce sont les moins chers, donc on plantera un maximum à l’automne avant les gelées pour réaliser une forêt comestible avec un petit budget ! En automne / hiver on pourra aussi planter les arbres en motte (les sapins sont fréquemment en mottes). Enfin, les arbres en conteneurs sont disponibles toute l’année et peuvent être plantés n’importe quand (hors période de gel).

4) Ne pas tenir compte des spécificités des arbres greffés

Pensez à bien placer le point de jonction entre le greffon et le porte-greffe au-dessus du sol et orientez-le de façon à ce qu’il reçoive le soleil. Ainsi, il n’y aura pas de risque de moisissure sur ce point délicat. On pensera également à stabiliser l’arbre en plantant dans le trou fait pour les racines 2 grands piquets verticaux. Attachez ensuite le tronc de l’arbre à ces piquets (qui doivent donc être solides) afin de le stabiliser.

5) Ne pas penser que petit arbre deviendra grand

C’est manquer d’optimisme ! 😉 Renseignez-vous bien sur la taille maximum qu’un arbre peut atteindre… Sinon vous risquez de retrouver vos branches chez le voisin ou de faire de l’ombre aux autres arbres plantés à proximité, vous créerez donc une compétition entre vos propres plants.

6) Planter un arbre sans laisser d’espace pour les racines

C’est long et fatiguant de creuser, mais il faut que le système racinaire de l’arbre fraîchement planté puisse se développer convenablement. Pour cela, on conseille généralement de creuser un trou 3 à 5 fois plus large que le volume occupé par les racines. C’est d’autant plus vrai si le sol est très compact.

7) Planter un seul arbre d’une même espèce

Même si les arbres fruitiers sont souvent auto fertiles, ils donnent davantage de fruits lorsqu’ils ont leurs copains à proximité ! Si dans le secteur les voisins n’ont pas d’arbre de la même espèce, pensez à les planter par 2.

8) Planter quand ça vous chante

Quel que soit le type d’arbre, la période de gel n’est jamais propice à la plantation. L’automne est très favorable, et le printemps est la deuxième bonne option si vous avez raté le coche en novembre-décembre.

9) Ne pas tenir compte de la gêne potentielle pour les voisins

Si vous avez un grand espace ou un jardin forêt, vous n’êtes pas concerné ! Mais s’il s’agit de votre jardin et que celui des voisins est tout près, veillez à ne pas empiéter chez eux.

Il faut prendre en compte les arbres qui vont développer énormément leurs racines, mais aussi ceux qui vont endommager une clôture par exemple. Et lorsque l’arbre se développera, il ne faudra pas que ses branches poussent autant dans le jardin du voisin que dans le vôtre.

Le risque : quelques problèmes de voisinages et surtout l’obligation de couper votre arbre, ce serait dommage quand on voit le temps qu’un fruitier met à pousser…

10) Penser qu’un arbre, ça pousse droit

Mettez un tuteur si vous voulez que votre arbre pousse droit ! ça semble être un petit détail mais un tronc, c’est comme une colonne vertébrale. Si la courbure est mauvaise il est impossible de rectifier complètement l’orientation. Alors que si dès le départ de bonnes habitudes sont prises, l’arbre grandit correctement !

11) Ne pas arroser au moment de la plantation

Une fois que l’arbre est planté, arrosez abondamment pour qu’il lui donner toutes les chances de prendre racine ! Ou si comme moi vous avez des difficultés à avoir de l’eau, faites vos plantations la veille d’une averse.

 

Donc pour résumer, il faut connaître le terrain, l’exposition et choisir votre arbre en fonction des contraintes géographiques et temporelles, pas uniquement suivant vos préférences. Laissez de l’espace aux racines et autour de l’arbre, pensez à tuteurer et à arroser. J’espère que vos jeunes pousses deviendront grandes !

Vous le savez, je suis une noob du jardinage, une citadine qui peut faire mourir un cactus sans l’arroser, et je fais du compost au café. Faites-moi plaisir, sauvez les arbres, donnez-moi vos conseils pour compléter cet article 😊