Nous avons tous une quantité de ressources donnée. Un jardinier intelligent et qui souhaite utiliser au mieux son énergie va avoir une stratégie simple.
Au lieu de s'échiner à changer ce qui est, il va essayer de tirer le meilleur parti de ce qu'il a déjà. C'est la proposition que je vous fais aujourd'hui !
Nous allons évoquer le 5ème principe de la permaculture, selon David Holmgren : comment utiliser et valoriser les ressources renouvelables dans son jardin, son potager ou sa forêt comestible en devenir ?
Sommaire
Quelles sont les ressources renouvelables ?
Une capacité de régénération relativement rapide
Les ressources renouvelables sont, comme leur nom l'indique, renouvelées sans que l'intervention de l'Homme ne soit nécessaire.
Ajoutons à cela que, pour pouvoir profiter de cette régénération naturelle, il faut qu'elle se fasse dans un laps de temps relativement rapide.
S'il faut attendre 150 ans, à l'échelle d'une vie humaine, on jugera que c'est un peu long...
Un principe au cœur de la permaculture
La permaculture met l'accent sur la meilleure utilisation des ressources possible.
Elle insiste sur la préservation des ressources et une fois que cette préservation est assurée, sur leur croissance.
C'est exactement ce qu'illustre le principe de ressource renouvelable.
Si l'on parle d'un terrain, d'un jardin ou d'une forêt par exemple, il s'agira donc de préserver le terrain tout en essayant d'accroitre la quantité de végétaux présents dessus en sélectionnant les espèces.
Pour que cela soit vraiment durable, il faudra que les espèces plantées maintiennent ou améliorent la qualité du sol, et qu'à terme l'intervention de l'homme ne soit pas indispensable pour maintenir cet écosystème en place.
Quelques exemples de ressources renouvelables
Les ressources renouvelables que l'on peut trouver dans un jardin forêt ou dans un potager sont le sol, les végétaux, l'eau, éventuellement des animaux qui peuvent rendre de nombreux services (et pas seulement pour finir dans l'assiette du jardinier !).
Pour que le système soit viable, il est possible d'utiliser ces ressources sans en prélever trop.
Ce "trop" est atteint lorsque le maintien de l'équilibre n'est plus assuré.
Il faut donc veiller, pour maintenir le système sur le long terme, à ce que nos besoins n'excèdent pas les ressources disponibles, et qu'ils n'augmentent pas plus vite que la capacité de régénération de ces ressources renouvelables.
Comment utiliser au mieux les ressources renouvelables en permaculture ?
Le permaculteur est intelligent et économe. Il gère ses ressources avec discernement.
Vous voyez, il n'est pas seulement question d'être bon jardinier, mais de cultiver (hahaha) un certain état d'esprit.
Patience, ingéniosité, adaptabilité, capacité à se contenter de peu... Telles sont quelques unes des qualités que l'on développe lorsque l'on cultive son jardin !
Limiter le gaspillage
Evidemment, on ne jette rien avant d'avoir réfléchi à comment utiliser cette ressource.
Avant de se débarrasser de quelque chose, on peut se poser la question "comment cela peut-il être utilisé comme une ressource ?".
Devenir un expert de la valorisation des déchets est l'une des grandes qualités du jardinier en permaculture.
Ce sont simplement de nouveaux réflexes à prendre.
Si vous tondez l'herbe, utilisez la tonte pour pailler les plantations.
Si en préparant un nouveau terrain vous dégagez des pierres, utilisez-les pour border un carré de jardin ou pour construire un four à pain (ou ce que vous voulez, hein, là je projette les trucs qui me plaisent !).
Si vous coupez des ronces, placez-les aux pieds des arbres pour empêcher les chevreuils de venir déguster les jeunes plants...
La seule limite est votre créativité.
Recycler et trouver une utilité à chaque chose
Les dons de la nature, ressources infinies
L'eau et le feu sont les sources de vie ! Ces deux énergies sont parfois capricieuses mais le permaculteur pourra apprendre à les maîtriser pour créer son jardin d'Eden (j'entends par là le jardin de vos rêves, pas une forêt dans laquelle vous vous balades tout nus avec vos potes).
L'eau tombe en abondance, la collecte doit être optimisée. C'est l'une des premières choses à mettre en place lorsque vous installez un jardin ou un potager en permaculture.
Plus vous avez de réservoirs, mieux c'est.
Pour que ce soit renouvelable, privilégiez un bassin à une cuve en plastique.
Paillez les végétaux pour limiter l'évaporation.
Mettez en place un système d'arrosage intelligent, adapté à votre terrain et à vos plantations.
Si la gestion de l'eau est un véritable problème et que la sécheresse fait souffrir vos plants, ne plantez que des espèces particulièrement adaptées à la sécheresse.
Bref, il y a toujours une solution.
Alors évidemment on ne fait pas toujours ce que l'on veut, on s'adapte. Le dialogue entre soi et la Terre est indispensable pour trouver une manière de concilier vos désirs et ce qui est possible.
Pour le soleil, jouez avec les expositions pour placer chaque végétal à l'endroit qui est le plus adapté pour lui.
Prenez en compte les différences de tailles entre les végétaux pour prévoir à volonté des zones d'ombre et de lumière.
Limiter le recours aux ressources non renouvelables
Tout apport extérieur dont nous devenons dépendant est une ressource non renouvelable.
Par exemple, si nous achetons des engrais car nous ne sommes pas en mesure de produire du compost et notre sol s'appauvrit au fil du temps au lieu de se régénérer. Dans ce cas nous devenons dépendant d'un apport externe.
Cette dépendance est causée par une gestion non optimisée du système.
Vivre en autarcie, c’est ça la solution ?
Le but n'est pas de rejeter tout apport extérieur.
Seulement, autant que possible, nous devons travailler sur les causes du problème, et pas seulement sur les symptômes.
Il est donc possible d'acheter de l'engrais si c'est nécessaire.
Mais à condition de travailler sur la restructuration du sol, peut être en plantant d'autres végétaux afin de fournir au sol les éléments qui lui manquent.
On pourra aussi enrichir le sol avec des engrais verts ou grâce à la technique des lasagnes.
Peut-être pourrons-nous apporter des vers.
Quant à l'engrais s'il est nécessaire, nous essaierons de le produire autant que possible en utilisant nos ressources.
Nous pourrons faire un compost, utiliser divers végétaux en décomposition, etc.
Conclusion
Utiliser au mieux les ressources renouvelables, c'est apprendre d'abord à faire avec ce que l'on a.
C'est ensuite, lorsque nous sommes obligés d'apporter un élément extérieur, faire en sorte que cette dépendance se réduise au fil du temps.
Nous sommes au départ les créateurs d'un système, mais nous devons, si nous visons la résilience, apprendre à le lâcher petit à petit.
Comme un arbre que l'on fait pousser. On place un tuteur au départ, pour l'aider à pousser droit. On l'arrose, on le protège, on lui apporte des nutriments. Et dès qu'il se débrouille tout seul, on arrête de lui apporter notre aide.
C'est réfléchir sans cesse et s'efforcer de trouver des réponses originales et créatives aux problèmes qui se présentent.
C'est trouver des idées par soi-même, pas se contenter d'appliquer des techniques.
La technique est importante, mais si l'on ne se l'approprie pas correctement, nous ne pouvons pas en profiter pleinement.
Et vous, comment optimisez-vous vos ressources renouvelables ?